Hôtels à Cannes
L'histoire commence en 200 avant Jésus-Christ. Nos ancêtres - pas les Gaulois, les Oxybiens ! - s'en sont allés chercher querelle à leurs voisins de Nikaia [Nice] et d'Antipolis [Antibes] qui appellent les troupes romaines en renfort.
Ils n'étaient pas fous ces Romains !
. Sans se faire prier, les Romains écrasent les Oxybiens, vendent les prisonniers comme esclaves, récupèrent leurs richesses, transforment le petit port en comptoir de Rome, le confient aux Phocéens - les Marseillais d'antan - et, à l'occasion de leur victoire, rasent une petite cité indigène qui portait le nom d'Ægitna. C'est la première version sur l'origine de Cannes, donnée par des historiens locaux. Autre thèse : pour se protéger des derniers Oxybiens et de leurs alliés ligures, les Marseillais construisent un fort sur la colline du Suquet, qu'ils baptisent Castrum Marsellinum [le Château des Marseillais]. Un nom qui ne plaît sans doute pas au bon peuple et, comme de nombreux roseaux ["canna" en latin] poussent aux pieds du château, il lui donne le nom de "Castrum Canoïs". Un nom qui n'apparaîtra officiellement qu'en 1619 sous la forme "Canes".
En fait, il paraît beaucoup plus juste de suivre ce que nous suggère le bon sens et de s'en remettre à la racine indo-européenne Kan qui signifie sommet ou hauteur. Le point haut de Cannes étant la colline nommée Mont-Chevalier, ou encore du nom provençal de Suquet, qui signifie sommet, où se dressait le château des abbés de Lérins, dont subsistent quelques bâtiments et le donjon. [cf. "Le passé antique de Cannes", par G. Vindry].
Bref, après la paix romaine, Cannes connaît des jours agités avec les invasions barbares. Au Ve siècle, le saint moine Honorat et sept de ses disciples fondent une abbaye sur l'île qui porte aujourd'hui son nom. Sa sour, Marguerite, l'imite bientôt en créant, sur l'île voisine, un couvent dont le rayonnement va s'étendre à tout l'Occident.
Le territoire de Cannes est donné à l'Abbaye de Lérins vers l'an 1000. Malgré cette sainte protection, le Moyen-Age n'est guère souriant pour les Cannois avec les invasions périodiques des Sarrazins qui viennent s'approvisionner en vin, en or. et en femmes. Pour ne rien arranger, la région subit le passage régulier et dévastateur de soldats qui vont et viennent à travers le pays pour guerroyer en Italie, en France ou en Espagne. Un petit jeu qui durera jusqu'au début du XIXe siècle !
Le Roi de France non plus !
Jusqu'à la fin du XVe siècle, Cannes fait partie du domaine des Comtes de Provence. Mais en 1480, survient la mort du dernier d'entre eux, "le bon roi René", frère de Louis XI. La Provence échoit alors en héritage à Charles du Maine, neveu de René, au détriment du petit-fils de ce dernier, le duc de Lorraine. Louis XI règle le différend en payant le duc de Lorraine pour qu'il renonce à son héritage et en obtenant de Charles qu'il lui lègue ensuite la Provence par testament. Le lendemain même, Charles du Maine meurt d'une indigestion à Marseille !. La Provence et Cannes deviennent définitivement françaises.
La Révolution divise la Provence
La Côte d'Azur reste sagement à l'écart des violents remous de la Révolution. Elle accueille même ses premiers touristes, comme cette actrice, Mlle de Blanche de Sainval, qui achète le couvent de Saint-Honorat, vendu aux enchères
comme bien national.
Cette étrange abbesse tient salon dans la chapelle et transforme le cloître en écurie !
A cette époque, la Provence est divisée en trois départements. Cannes fait partie du département du Var. Ce n'est qu'en 1860, lors du rattachement de Nice à la France, que la commune de Cannes sera incluse dans un département nouvellement créé : les Alpes-Maritimes.
Mais revenons au début du siècle. Le 1er mars 1815, Napoléon, de retour de l'île d'Elbe, débarque à Juan-les-Pins avant de bivouaquer à Cannes. La ville, il faut bien le dire, ne lui réserve pas un accueil très enthousiaste. Un boucher furieux se poste même à sa fenêtre avec un fusil, pour tirer sur "l'ogre de Corse", mais un voisin prudent le lui arrache par crainte de représailles.
Quelques heures plus tard, l'Empereur reprend sa marche vers Paris. Par la suite, fort heureusement, les Cannois se montreront nettement plus accueillants envers les têtes couronnées.
1834 : la vraie naissance de Cannes
En décembre 1834, Lord Henry Brougham and Vaux, grand Chancelier d'Angleterre, emmène sa fille Eleonore-Louise visiter l'Italie. Malheureusement pour lui et fort heureusement pour Cannes, le roi du Piémont a fait fermer sa frontière avec la France en raison d'une épidémie de choléra. Obligé de faire demi-tour, Lord Brougham décide de se diriger vers Grasse. A la tombée de la nuit, il s'arrête à l'auberge de Maître Pinchinat, dans l'actuelle rue du Port, à Cannes.
Charmé par le site, l'accueil, la bouillabaisse et le vin de Maître Pinchinat, Lord Brougham, qui ne devait rester que quelques jours, décide de se faire bâtir une résidence dans ce village béni des dieux. Deux ans plus tard, toute la haute société londonienne se presse à Cannes pour l'inauguration d'une vaste et superbe demeure, la Villa Eleonore.
En quelques années, le petit port de pêche se transforme et les nouveaux quartiers se construisent avec villas et châteaux, et Cannes apparaît alors comme "la ville aristocratique par excellence" selon l'expression de Gabriel Charmes.
Dès 1837, le général britannique Taylor fait construire le Château St-Georges. En 1838, on lance les travaux du premier port et on élargit le sentier qui serpente le long du littoral. Baptisé "chemin de la petite croix", il deviendra ensuite "Promenade de la Croisette".
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En 1848, Alexandra Feodorovna Skrypitzine, la femme du consul de France à Moscou - Eugène Tripet - tombe amoureuse de Cannes et entraîne à sa suite l'aristocratie russe. En 1858, le premier immeuble s'élève sur la Croisette : "Le Gonnet et de la Reine". Cannes est lancée.
Le 10 avril 1863, la ligne de chemin de fer Paris-Lyon-Méditerranée atteint Cagnes-sur-Mer. Du 10 avril au 31 mai 1883, on compte à Cannes un mouvement de 19.430 voyageurs.
Toutes les Fleurs du monde
Avant l'arrivée des Anglais, la campagne environnante n'est pas bien riche. Oignons, pois chiches et olives constituent la base de l'alimentation des Cannois, avec le poisson, le fromage de chèvre et quelques rares fruits et légumes. Le pays n'est en effet traversé que par des ruisseaux capricieux, à sec au moins six mois par an. Un état de fait intolérable pour des Anglais qui ne peuvent concevoir une vie sans fleurs, ni surtout sans pelouse. Le problème est rapidement résolu par l'entreprenant Lord Brougham qui décide lui-même de fonder, avec quelques amis, une compagnie chargée d'amener l'eau à leurs demeures [et accessoirement aux Cannois]. C'est ainsi qu'est construit le canal de la Siagne qui alimente encore la ville aujourd'hui. Aussitôt irriguée, la pauvre campagne cannoise se révèle être un véritable paradis terrestre. Des fleurs étranges et des arbres inconnus, venus de tous les pays du globe, ne tardent pas à prospérer sur son sol hospitalier : orangers, citronniers et palmiers africains ou moyen-orientaux, eucalyptus d'Australie, bougainvillées et yuccas d'Amérique.
Belle Epoque et Années folles
A Cannes, le siècle démarre en fanfare. En 1910, l'architecte Marcellin Mayère est chargé de la construction de l'hôtel Carlton. Fasciné, dit-on, par les seins de la belle Otéro, célèbre courtisane de l'époque, il les prend comme modèle pour dessiner les deux coupoles du palace. Coiffé de la sorte, le plus célèbre hôtel du monde ne pouvait manquer d'attirer les princes et les riches hommes d'affaires d'Europe qui se battent alors à coups de millions pour les beaux yeux de quelques femmes, dont les plus célèbres sont la Belle Otéro, Liane de Pougy et Emilienne d'Alençon.
La première guerre mondiale interrompt brutalement les festivités. Dans les hôtels, les touristes font place aux blessés et aux réfugiés. En 1921, l'hôtel Carlton accueille même les Alliés pour leur conférence de la paix.
En 1929, la fête bat de nouveau son plein.
Le Palm Beach est inauguré en présence de l'Aga Khan - il tombera amoureux d'une jeune cannoise, élue Miss France, qui deviendra la célèbre Bégum - André Citroën, le baron et la baronne de Rothschild et bien d'autres célébrités. Le roi Edouard VIII, désormais simple duc de Windsor, suite à son abdication, devient un habitué de Cannes, ainsi que Winston Churchill, les peintres Jean-Gabriel Domergue et Van Dongen, l'écrivain Tristan Bernard, Maurice Chevalier et tant d'autres.
En 1936, les "congés payés" font une timide apparition sur la Croisette. Le 1er septembre 1939, le premier Festival International du Film s'ouvre solennellement. et ferme dès le lendemain pour cause de déclaration de guerre mondiale. Il faudra attendre 1946 pour que Cannes mérite enfin son titre de "Capitale du Cinéma".
Le "petit village" dont la seule richesse était. un site unique au monde, est devenu la ville des têtes couronnées et des milliardaires, puis la ville des stars, celle des Festivals et des Congrès internationaux.
( Texte Copyright : www.cannes.fr )
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